Déclaration de Québec
25 juillet 2008
Réunis à Québec du 20 au 26 juillet 2008 à l’occasion du XIIe Congrès mondial de la Fédération internationale des professeurs de français, les congressistes ont discuté de la thématique « Faire vivre les identités francophones ».
Les prises de position suivantes ont été définies dans les grandes conférences et les tables rondes.
- La quête de l’identité francophone passe par une reconnaissance de la diversité à la fois linguistique et culturelle. En effet, au plan linguistique, la francophonie a une « langue en partage », mais, au plan culturel, elle a de fortes caractéristiques distinctives. L’acceptation des variations régionales du français s’impose dans une francophonie diversifiée.
- Le français n’est pas seulement une langue-culture, c’est aussi une langue-outil (langue de travail et langue de communication) en prise sur le marché du travail et les grands enjeux de la mondialisation.
- La francophonie institutionnelle, par ses politiques d’aménagement, constitue le pilier de la francophonie linguistique et culturelle. Par ses prises de position et ses combats, elle assure la visibilité internationale du français.
- Les liens entre le plurilinguisme et la survivance du français, tant au niveau international qu’en Europe, ont été mis de l’avant afin de contrer un certain monolinguisme envahissant.
- L’apport des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) à l’apprentissage des langues-cultures est encore problématique et mérite d’être davantage développé.
Conséquemment, suite à ces prises de position officielles, la Fédération internationale des professeurs de français considère qu’il lui faut relever les défis ou enjeux qui suivent.
Au niveau de l’enseignant :
- Renforcer l’apprentissage du français standard dans tous les pays de la francophonie, tout en s’ouvrant à la variation linguistique, particulièrement à la variation lexicale, ce qui suppose de :
- travailler sur la flexibilité des représentations relatives aux variétés du français ;
- privilégier une norme plurielle et une attitude prudente face aux jugements de valeur.
- Ne jamais dissocier l’apprentissage de la langue de celui de la culture dans ses dimensions affectives et identitaires, par divers moyens et des situations appropriées d’apprentissage. Par exemple :
- en choisissant des textes et outils didactiques riches culturellement ;
- en permettant à l’élève de s’exprimer, selon ses propres usages linguistiques et a priori culturels ;
- en planifiant des situations d’apprentissage où les échanges entre pairs sont sollicités tant à l’oral qu’à l’écrit.
- Présenter le français comme une langue moderne qui évolue et en démontrer les divers usages en lien avec
le marché du travail, surtout dans les filières techniques et qualifiantes.
Au niveau associatif :
- Les associations professionnelles au niveau national se doivent de sensibiliser les autorités officielles à la nécessité de créer des programmes et des outils sensibles à la diversité linguistique et culturelle.
- La FIPF, par le biais de ses associations professionnelles, se doit
- d’interpeller les « politiques » de la francophonie institutionnelle afin qu’ils s’intéressent davantage au Français langue maternelle (FLM) et qu’ils
- de valoriser le travail de l’enseignant de FLM, FLS et FLE comme agent et passeur de culture ;
- d’assurer le perfectionnement des enseignants concernant
- d’interpeller les « politiques » de la francophonie institutionnelle afin qu’ils s’intéressent davantage au Français langue maternelle (FLM) et qu’ils
- les nouvelles technologies de l’information comme accès à la modernité ;
- les approches culturelles innovantes en FLM, FLE et FLS.
- La FIPF, par le biais de ses Commissions (CFLM, CEO, CAN, COPALC, APFA-OI, CAP, CECO, CMA),
se doit
- d’entreprendre une étude sur les avantages du plurilinguisme « à l’européenne » pour les autres pays francophones hors de l’Europe ;
- de mettre en place un portail francophone, de concert avec l’OIF, et d’en promouvoir l’utilisation par des stratégies ciblées, entre autres pour les pays du Sud ;
- de se donner un Cadre commun de référence de la compétence de communication interculturelle ayant même valeur que le Cadre européen commun de référence afin de respecter la diversité.
- d’entreprendre une étude sur les avantages du plurilinguisme « à l’européenne » pour les autres pays francophones hors de l’Europe ;
Au niveau politique :
- Promouvoir la libre circulation des enseignants, des intellectuels, des écrivains et des artistes de la francophonie en mettant en place un visa francophone.
- Adopter un cadre de référence sur l’utilisation du français dans les organisations internationales avec l’engagement des pays membres à en respecter le texte et à ne pas laisser s’installer un monolinguisme de fait dans ces organisations.

